jeudi 19 juillet 2012

LA CAMPAGNE DU MEXIQUE : 1866

Les Etats-Unis demandaient, de plus en plus impérativement le retrait du corps expéditionnaire français du Mexique.

Le 31 mai, Napoléon III annonçait officiellement le rapatriement progressif de ses troupes.  Dans cette expectative, le maréchal Bazaine fut chargé de la réorganisation de l’armée impériale mexicaine.  Conjointement, il se proposait d’abandonner le pays au nord de Durango.  Au nord-est, les troupes franco-mexicaines se bornaient à occuper la ligne de San Luis à Monterey, et celle de San Luis à Tampico.  Les routes n’étaient pas sûres, aucun convoi n’osait s’y aventurer sans une forte escorte.  Matamoros  et Tampico étaient entourés par les guérillas.

Le 1er mars 1866, près de Parras, le commandant de Brian allait tenter un coup de main contre les forces républicaines réunies au rancho Santa Isabel.  Le détachement franco-mexicain fut totalement anéanti.  Les opérations militaires s’intensifiaient autour de Tuxpan, Matamoros et Tula. 

Au début du mois de juin, le commerce qu’entretenaient les villes de Matamoros et de Monterey, réclamait au plus tôt un échange de convois.  Au général impérialiste Mejia, qui tenait la ville de Matamoros, échut la protection du convoi qui partirait de la ville portuaire.  Mejia allait confier sa colonne au général Olvera.  Au lieutenant colonel de Tucé, du 12e chasseur à cheval incombait la protection des voitures et des mulets qui sortiraient de Monterey.  L’exécution de cette opération d’envergure allait revêtir une lenteur extrême et révéler une très mauvaise coordination des mouvements et des itinéraires.  La colonne du lieutenant-colonel de Tucé se mit en route le 7 juin.

Le 15, elle stationnait à Ceravo, placée dans la plus complète ignorance de la situation du convoi sorti de Matamoros.  Ce dernier fut attaqué et capturé le même jour, à hauteur de San Gertrudis, par les forces du général Mariano Escobedo.  A grande peine, le lieutenant-colonel de Tucé allait parvenir à rebrousser chemin avec son convoi.

Le 28, il rentrait avec ses troupes à Monterey.  La défaite de San Gertrudis allait entraîner la chute des ports de Matamoros et de Tampico. Le port d’Acapulco allait subir le même sort.  C’était une véritable catastrophe pour l’Empire.  L’empereur Napoléon III, sous la pression des Etats-Unis, avait dû se résoudre à engager le retrait des troupes françaises du Mexique.  Dès que cette nouvelle fut connue à Chapultepec, l’impératrice Charlotte annonça son départ pour Paris.  Elle quitta Mexico le 8 juillet pour arriver à Saint-Nazaire le 10 août.  Les dernières humiliations qu’elle allait subit à Saint-Cloud, après avoir connu deux années de chagrin et d’adversités, firent sombrer la jeune souveraine dans les affres de la folie.  Au Mexique, le mouvement général de retraite venait de commencer. 

Le 26 juillet les Français quittèrent Monterey.

Le 29, toutes les troupes de Nuovo Leon étaient réunies à Saltillo.  Cette ville fut également évacuée le 5 août.  Le maréchal Bazaine allait à ce moment décider de mettre temporairement fin au mouvement rétrograde de ses troupes qui s’établirent provisoirement sur un axe Durango, Zacatecas, Matehuala.  Au mois de septembre, les Français durent évacuer Guaymas et l’état de Sonora.  Malgré les efforts de quelques chefs impérialistes, tout le nord du pays dût être abandonné aux forces républicaines.  Leur situation étant devenue intenable, les troupes françaises étant devenue intenable, les troupes françaises échelonnées dans les états de Zacatecas et de Guanajuato durent se replier sur Mexico.

Le 25 septembre, le corps belge ayant atteint Tula, vit l’opportunité d’entamer une action contre la localité d’Ixmiquilpan, tombée au main des républicains.  L’attaque vigoureuse menée par le colonel Van der Smissen et ses hommes tourna à l’échec, contraignant ceux-ci à une difficile retraite. 

Au début du mois d’octobre, le général Porforio Diaz infligea une nouvelle défaite aux troupes impérialistes à Miahuatlan. 

A partir du 6 octobre, Diaz allait investir la ville d’Oajaca.  Le maréchal Bazaine allait envoyer, d’Huajuapan une bataillon composé de 800 austro mexicains au secours des assiégés.  Le général Diaz allait suspendre son siège pour marcher au devant de cette colonne qu’il allait défaire, le 16 octobre, à Carbonera.  De surcroît, Oajaca allait capituler quelques jours plus tard.  A la même époque, le chef républicain Fragoso rançonnait la ville de Cuautitlan, à 20 kilomètres de Mexico, tandis que les villes de Jalapa et Perote paraissait à présent fortement menacées.  Le 81e de ligne était arrivé à Vera-Cruz pour s’embarquer, lorsqu’il reçut l’ordre de cesser ses préparatifs pour aller occuper la ligne de San Andrès Chalchicomula.  L’Empire de Maximilien s’écroulait !

Le 13 novembre,  le corps belge allait occuper Tulancingo.  Il allait tenir cette localité jusqu’au 29 décembre, sans subir d’attaque.  Au mois de novembre, les forces républicaines occupaient entièrement les états d’Oajaca, de Zacatecas, de San Luis Potosi et de Guanajuato.

Le 6 décembre, l’empereur Maximilien licenciait officiellement les corps belge et autrichien.

Le 12 décembre, le général de Castagny évacuait Guadalajara.  Du côté du Guerrero, le colonel impérialiste Ortiz de la Pêna subissait une défaite à Puente de Ixtla et tenta difficilement de réorganiser à Cuernavaca.  Les guerilleros apparaissaient jusque dans la vallée de Mexico.

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